mercredi 24 octobre 2012

FLASHPACKER - Chapitre III - Buenos Aires

Hayet Benmada 17:12 0 commentaires




Il était pour moi important de donner l'opportunité à certains de s'exprimer sur mon blog et de laisser ainsi mon trafic à disposition de ceux qui ont des choses à dire.

Si d'ailleurs vous voulez publier via mon blog, je vous laisse me contacter à l'adresse suivante : 

Flashpacker c'est l'histoire d'un type, Sinbad, qui n'a rien à perdre et qui décide du jour au lendemain de partir voir ailleurs. Vous découvrirez au fil des chapitres ses aventures, ses motivations, ses provocations et des coups de gueules.
Bref... Flashpacker... C'est toute une histoire...

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FLASHPACKER

Chapitre III – Buenos Aires

Apres 13 heures d'avion, j'arrive détendu et heureux a l’aéroport de Buenos Aires.

Beaucoup de contrôles de sécurité, mais avec mon passeport français les frontières s'ouvrent aisément. Le douanier me pose une question en anglais accompagnée d'un faible sourire, je réponds en espagnol, le sourire grandit et le tampon ne tarde pas à frapper mon passeport. Me voilà en Argentine !

Je prends un taxi direction le centre ville, je paye 200 Pesos. J'appris plus tard que le tarif courant était de 150 Pesos. C'est aussi ça d'être touriste, la plupart des prix augmentent lorsque vous arrivez au comptoir. C'est un phénomène que j'ai régulièrement rencontré à l'étranger. Et cela va du taxi, au Parc National en passant par un billet d'avion. Être touriste rend la vie difficile à votre portefeuille !
Forcément, en ayant conscience que les prix augmentent, parfois de façon très arbitraire, on peut devenir paranoïaque ou désagréable ! Mais nous reviendrons sur ce sujet un peu plus tard.

Première journée et première rencontre avec la ville et ses habitants. J'arpente les rues pendant plus de 4 heures et le constat est simple et banal : beaucoup de monde, de bruits, un mode de vie copié sur le Vieux Continent (mais d’il y a 100 ans), une architecture influencée par plusieurs pays européens tel que l'Italie, la France et forcément l'Espagne. Dans les quartiers les plus anciens, tel que le centre ville, on retrouve un mélange de style moderne et colonial. Je trouve cela moche.

La population est à l'image des expatriés Argentins que l’on peut rencontrer en France : chaleureuse, ouverte, tactile et amicale. Pas tous, certes… Car comme partout certains ne supportent pas les touristes. Les plus haïs de tous sont les Américains ici. Etre européen constitue un avantage certain en leur présence.


C'est incroyable à quel point l'histoire, les agissements ou encore les décisions de votre pays vous collent à la peau. L'image des français à l'étranger n'est pas la plus belle des étiquettes. Soit, notre histoire (Révolution, Droits de l'Homme, soit disant pays de la liberté), notre système (santé, chômage, etc.) et la ville lumière qu’est Paris nous assurent quelques reconnaissances mais l'on nous perçoit comme des gens sales (parait-il qu'on ne se doucherait pas souvent), des arrogants (parait-il que nous croyons toujours avoir la bonne réponse et que nous pensons tout savoir et connaître), des gens fermes (parait-il que nous serions désagréable et froid avec les étrangers visitant notre pays) et enfin nous ne parlons pas d'autres langues que le français (parait-il que nous serions trop fière de notre langue).
Je trouve ça triste mais si vrai. Tachons de faire mieux ?

Quoiqu'il en soit, ma première rencontre avec un argentin ne fut pas la plus classique qui soit.
Arrivant sur l'artère principale de la ville, j'aperçois sur mon trottoir, un campement de fortune entouré d'une dizaine de banderoles, d'une envergure d'une quinzaine de mètres sur deux. Pas rassuré mais très intrigué et curieux, je décide de rentrer dans ce mini village. Tentant d'afficher un visage amical, serein et sympathique, je rentre dans le campement tenant fermement mon appareil photo sans y laisser paraître. Je m'avance et commence par lire et photographier les messages provocateurs de mes futurs camarades. Ils sont tous ou presque réfugiés sous une tente, ils discutent calmement et me regardent d'un oeil inquisiteur.


Je m'approche de la tente et aborde une femme qui parait avoir plus de 50 ans, elle en a 33 ! Sa vie n'a pas l'air d'avoir été une des plus faciles mais elle me sourit. Elle me présente un a un les membres de sa famille et ensemble nous commençons a discuter du pourquoi.
Je fais en fait face à des Indiens, leur espagnol est difficile à comprendre, personne ici n'a jamais été à l'école et le travail de la terre est leur seule source de revenus. Le problème majeur vient du gouvernement qui leur confisque leur terre sans dédommagements et les repousse vers l'Ouest, vers les montagnes, vers le Chili.
Ce sont, comme on se plaît à le dire de nos jours, des indésirables…
Touché par leurs témoignages, je leur propose une interview que je me promets de diffuser sur le web afin de témoigner de leur lutte vaine contre le gouvernement argentin.

J'en ai parlé à plusieurs Argentins que j'ai rencontrés par la suite au cours de mon voyage et je me suis vite aperçu qu’ils ne portent pas tous forcément les Indiens dans leur coeur. La plupart d'entre eux ne les considère pas comme Argentin, les méprise et les dénigre. A chaque fois, je terminais la discussion en coup de gueule et me permettais de leur faire une leçon de vie sur le partage entre hommes d'un même monde. Je commençais à comprendre notre réputation d'hommes arrogants, de donneurs de leçon.
Enfin quoi ? Un Français qui vient donner des leçons sur les difficultés sociales de l’Argentine alors que nous ne sommes mêmes pas capables de résoudre les nôtres… Cela n’est pas convaincant je l’avoue.
Je quitte le campement avec des sourires, des bonnes poignées de mains et le coeur heureux. Est-ce aussi cela le tourisme ?

Je termine ma journée avec un appétit insatiable. Je cherche une banque, en trouve trois mais aucune n'a d'argent. J'ai l'impression de me retrouver tout nu…
Je trouve finalement un restaurant où le menu est à 35 Pesos, il m'en reste 37… Parfait !


Je rentre, m'installe et commande. Le restaurant est vide, la nourriture n’est pas top mais comment se plaindre quand le menu complet est a 7 Euros avec bière incluse ?

Je remarque que beaucoup de meubles sont en mauvais état. Un rétroprojecteur installé en direction d'un grand mur blanc où sont accrochés de chaque coté des maillots du club du Boca Junior semble figé dans le temps. Il s’agit probablement d’une bonne place où regarder un match avec des passionnés. Je me dis alors que quelques bières et un but du mauvais coté ont du avoir raison de ces meubles qui ne tiennent plus debout.

Je termine mon repas, et sors du restaurant juste au moment où une averse m'empêche de rentrer à l'auberge. Je me réfugie au bar du restaurant, sans argent mais cela n'a pas d'importance. Le fils du patron, Gerardo, 24 ans, m'offre le café et nous entamons la conversation. Discutant de tout et de rien, mon voyage, son bar, les Indiens, la vie. Bref, tout y passe et on reste une bonne demi-heure à échanger. Un vrai moment de partage. C'est mon bonheur, c'est mon tourisme…