Il
était pour moi important de donner l'opportunité à certains de
s'exprimer sur mon blog et de laisser ainsi mon trafic à disposition de
ceux qui ont des choses à dire.
Si d'ailleurs vous voulez publier via mon blog, je vous laisse me contacter à l'adresse suivante :
Flashpacker
c'est l'histoire d'un type, Sinbad, qui n'a rien à perdre et qui décide
du jour au lendemain de partir voir ailleurs. Vous découvrirez au fil
des chapitres ses aventures, ses motivations, ses provocations et des
coups de gueules.
Bref... Flashpacker... C'est toute une histoire...
«
FLASHPACKER
Chapitre III – Buenos Aires
Apres 13 heures d'avion, j'arrive détendu et heureux a l’aéroport de Buenos Aires.
Beaucoup de contrôles de
sécurité, mais avec mon passeport français les frontières s'ouvrent
aisément. Le douanier me pose une question en anglais accompagnée d'un
faible sourire, je réponds en espagnol, le sourire grandit et le tampon
ne tarde pas à frapper mon passeport. Me voilà en Argentine !
Je prends un taxi direction le
centre ville, je paye 200 Pesos. J'appris plus tard que le tarif courant
était de 150 Pesos. C'est aussi ça d'être touriste, la plupart des prix
augmentent lorsque vous arrivez au comptoir. C'est un phénomène que
j'ai régulièrement rencontré à l'étranger. Et cela va du taxi, au Parc
National en passant par un billet d'avion. Être touriste rend la vie
difficile à votre portefeuille !
Forcément,
en ayant conscience que les prix augmentent, parfois de façon très
arbitraire, on peut devenir paranoïaque ou désagréable ! Mais nous
reviendrons sur ce sujet un peu plus tard.
Première journée et première
rencontre avec la ville et ses habitants. J'arpente les rues pendant
plus de 4 heures et le constat est simple et banal : beaucoup de monde,
de bruits, un mode de vie copié sur le Vieux Continent (mais d’il y a
100 ans), une architecture influencée par plusieurs pays européens tel
que l'Italie, la France et forcément l'Espagne. Dans les quartiers les
plus anciens, tel que le centre ville, on retrouve un mélange de style
moderne et colonial. Je trouve cela moche.
La population est à l'image des
expatriés Argentins que l’on peut rencontrer en France : chaleureuse,
ouverte, tactile et amicale. Pas tous, certes… Car comme partout
certains ne supportent pas les touristes. Les plus haïs de tous sont les
Américains ici. Etre européen constitue un avantage certain en leur
présence.

C'est incroyable à quel point
l'histoire, les agissements ou encore les décisions de votre pays vous
collent à la peau. L'image des français à l'étranger n'est pas la plus
belle des étiquettes. Soit, notre histoire (Révolution, Droits de
l'Homme, soit disant pays de la liberté), notre système (santé, chômage,
etc.) et la ville lumière qu’est Paris nous assurent quelques
reconnaissances mais l'on nous perçoit comme des gens sales (parait-il
qu'on ne se doucherait pas souvent), des arrogants (parait-il que nous
croyons toujours avoir la bonne réponse et que nous pensons tout savoir
et connaître), des gens fermes (parait-il que nous serions désagréable
et froid avec les étrangers visitant notre pays) et enfin nous ne
parlons pas d'autres langues que le français (parait-il que nous serions
trop fière de notre langue).
Je trouve ça triste mais si vrai. Tachons de faire mieux ?
Quoiqu'il en soit, ma première rencontre avec un argentin ne fut pas la plus classique qui soit.
Arrivant
sur l'artère principale de la ville, j'aperçois sur mon trottoir, un
campement de fortune entouré d'une dizaine de banderoles, d'une
envergure d'une quinzaine de mètres sur deux. Pas rassuré mais très
intrigué et curieux, je décide de rentrer dans ce mini village. Tentant
d'afficher un visage amical, serein et sympathique, je rentre dans le
campement tenant fermement mon appareil photo sans y laisser paraître.
Je m'avance et commence par lire et photographier les messages
provocateurs de mes futurs camarades. Ils sont tous ou presque réfugiés
sous une tente, ils discutent calmement et me regardent d'un oeil
inquisiteur.

Je m'approche de la tente et
aborde une femme qui parait avoir plus de 50 ans, elle en a 33 ! Sa vie
n'a pas l'air d'avoir été une des plus faciles mais elle me sourit. Elle
me présente un a un les membres de sa famille et ensemble nous
commençons a discuter du pourquoi.
Je
fais en fait face à des Indiens, leur espagnol est difficile à
comprendre, personne ici n'a jamais été à l'école et le travail de la
terre est leur seule source de revenus. Le problème majeur vient du
gouvernement qui leur confisque leur terre sans dédommagements et les
repousse vers l'Ouest, vers les montagnes, vers le Chili.
Ce sont, comme on se plaît à le dire de nos jours, des indésirables…
Touché
par leurs témoignages, je leur propose une interview que je me promets
de diffuser sur le web afin de témoigner de leur lutte vaine contre le
gouvernement argentin.
J'en ai parlé à plusieurs
Argentins que j'ai rencontrés par la suite au cours de mon voyage et je
me suis vite aperçu qu’ils ne portent pas tous forcément les Indiens
dans leur coeur. La plupart d'entre eux ne les considère pas comme
Argentin, les méprise et les dénigre. A chaque fois, je terminais la
discussion en coup de gueule et me permettais de leur faire une leçon de
vie sur le partage entre hommes d'un même monde. Je commençais à
comprendre notre réputation d'hommes arrogants, de donneurs de leçon.
Enfin
quoi ? Un Français qui vient donner des leçons sur les difficultés
sociales de l’Argentine alors que nous ne sommes mêmes pas capables de
résoudre les nôtres… Cela n’est pas convaincant je l’avoue.
Je quitte le campement avec des sourires, des bonnes poignées de mains et le coeur heureux. Est-ce aussi cela le tourisme ?
Je termine ma journée avec un
appétit insatiable. Je cherche une banque, en trouve trois mais aucune
n'a d'argent. J'ai l'impression de me retrouver tout nu…
Je trouve finalement un restaurant où le menu est à 35 Pesos, il m'en reste 37… Parfait !

Je rentre, m'installe et
commande. Le restaurant est vide, la nourriture n’est pas top mais
comment se plaindre quand le menu complet est a 7 Euros avec bière
incluse ?
Je remarque que beaucoup de
meubles sont en mauvais état. Un rétroprojecteur installé en direction
d'un grand mur blanc où sont accrochés de chaque coté des maillots du
club du Boca Junior semble figé dans le temps. Il s’agit probablement
d’une bonne place où regarder un match avec des passionnés. Je me dis
alors que quelques bières et un but du mauvais coté ont du avoir raison
de ces meubles qui ne tiennent plus debout.
Je termine mon repas, et sors du
restaurant juste au moment où une averse m'empêche de rentrer à
l'auberge. Je me réfugie au bar du restaurant, sans argent mais cela n'a
pas d'importance. Le fils du patron, Gerardo, 24 ans, m'offre le café
et nous entamons la conversation. Discutant de tout et de rien, mon
voyage, son bar, les Indiens, la vie. Bref, tout y passe et on reste une
bonne demi-heure à échanger. Un vrai moment de partage. C'est mon
bonheur, c'est mon tourisme…