mercredi 24 octobre 2012

FLASHPACKER - Chapitre VI - "Je suis pilote, voici mon ingénieur..."

Hayet Benmada 17:13 0 commentaires

Aujourd'hui, le Marketing du Touriste laisse la parole à un aventurier et ce tous les mardis pour une période indéfinie.
Il était pour moi important de donner l'opportunité à certains de s'exprimer sur mon blog et de laisser ainsi mon trafic à disposition de ceux qui ont des choses à dire.
Si d'ailleurs vous voulez publier via mon blog, je vous laisse me contacter à l'adresse suivante : 

Flashpacker, c'est l'histoire d'un type, Sinbad, qui n'a rien à perdre et qui décide du jour au lendemain de partir voir ailleurs. Vous découvrirez au fil des chapitres ses aventures, ses motivations, ses provocations et des coups de gueules.

Bref... Flashpacker... C'est toute une histoire...

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FLASHPACKER

Chapitre 6 - "Je suis pilote, voici mon ingénieur…"

Cette année le Dakar avait lieu entre l'Argentine et le Chili. Je ne voulais pas manquer cela. C'est l'unique raison pour laquelle je me suis rendu à San Juan, mais pas celle pour laquelle j'y reviendrai.


Mar del plata - San Juan, c'est 13 heures de bus ! Et à l'arrivée, on a les yeux qui collent et beaucoup de mal à se réveiller.
Sinon, tout va bien ! Le service est de qualité, le bus est confortable et les prix très corrects. On a le choix entre plusieurs prestations, qui, comme dans un avion, sont basées sur le siège et l'espace. Mais que l’on soit en première classe ou en semi-cama (économique), le voyage reste agréable.

En arrivant, la première chose qui m'a frappée c'est la chaleur. On atteint facilement les 35 degrés à l’ombre en plein après-midi. La deuxième chose, conséquence de la chaleur, c'est l'ambiance de cette ville... presque toujours déserte. Les habitants ne sortent qu’à partir du moment où le soleil se couche.

Martin, qui m'avait quitté cinq jours plutôt à Mar del Plata, me rejoint. A son arrivée, nous partons illico presto à la rencontre du Dakar. Des plans et livrets d'informations ont été distribués gratuitement pour aiguiller le touriste vers les différents lieux de passage. Nous décidons d'aller au point de rencontre ultime: l'arrivée !
Elle a lieu dans un ancien fleuve, aujourd'hui à sec. Des tribunes sont installées de chaque côté du lit, ainsi que des spots sur le pont qui domine la course.
Un parcours de deux kilomètres a été tracé spécialement pour le spectacle. Des bosses sont reparties tous les 500 mètres pour le show.


On décide de se mettre aux avants postes, avec les plus gros fans, qui campent aux barrières de sécurité de la piste depuis hier soir. L'ambiance est festive. Saucisses, frites et bières pour tout le monde. Le gouverneur passera faire le plein de poignées de mains et en profitera pour traverser la piste et se rendre dans une loge, situe en plein milieu, nez a nez avec la logistique et les hélicoptères. Il emmènera dans son sillage une trentaine de spectateurs, l'acclamant pour le passe-droit qui leur est octroyé. Véritable sympathie ou démarche préélectorale ?

Apres deux heures d'attente, la chaleur nous écrase littéralement sur le sol. Nous attendrons le passage des motos, catégorie dominée par Red Bull, et nous quitterons les lieux juste après avoir pris quelques clichés. C'était sympa mais cela ne valait pas les 13 heures de route…


Qu'importe, je voulais me rapprocher de la Cordillère des Andes et me voilà juste à coté.

De retour à l'hostel, on fait comme tout le monde, la sieste !
Et le soir venu, petite réunion. Nous décidons de partir dès le lendemain matin pour Mendoza, la région viticole argentine. Martin venait d'y être invité quatre jours dans le cadre de son travail, son restaurant, et ne m’en avait dit que du bien.
En attendant, nous nous décidons à sortir boire un verre. Nous naviguons avec notre chauffeur à la recherche d'un lieu agréable. Nous sommes jeudi, il nous recommande un club, le seul lieu qui bouge entre 10 heures et minuit.
En effet, cela a l'air de bouger. Tout le monde est sur son 31 et l'entrée est quasi-inaccessible. On reste deux minutes à regarder tout ce monde essayé de rentrer de manière désespérée. J'aperçois alors un Argentin qui devait être a la compétition cet après-midi. Il était la avec son tee-shirt Dakar et cassait l’homogénéité de la queue. Je le remercie quand même car il m'aura donné une bonne idée. Avec un brin de fougue, je lève la main vers le videur et prononce d'une voie clair : « Dakar ! Dakar ! ». Cela ne loupe pas, il me regarde et d'un signe de la main, me demande de venir. Les gens se retournent, se poussent… Un peu gênant mais enivrant. Je monte les marches et lui dit d’une manière assurée : « Je suis avec un de mes ingénieurs, on aimerait boire un verre et danser un peu. ».
Sans même douter un instant, au regard il est vrai de nos têtes d'européens, il appelle le manager qui était cinq mètres plus loin et nous introduit. Le manager me dit qu'il était prévenu que des gens de la compétition allaient peut-être venir et qu'il fallait prendre soin d'eux. D'un coup, je sens un coup de chaud me monter à la tête. Il prend un videur par la main et nous explique qu’il s’occupera de nous toute la soirée. Nous sommes ainsi rentrés gratuitement avec un garde du corps personnel pour la soirée entière. Martin qui ne parle pas espagnol ne comprend pas très bien mais nous suit.
C'est alors que nous faisons notre entrée dans la discothèque…
Le videur en véritable demi de mêlée envoie tout le monde à deux mètres avec ses gros bras et nous taille une haie d'honneur jusqu'au bar. Tous les regards sont portés vers nous, c'est drôle. Aussitôt commandé, aussitôt servis. On se dirige vers une table avec notre molosse et commençons à danser tranquillement. La magie opère complètement quand des rangées de femmes viennent nous demander si elles peuvent danser avec nous !
Cette soirée sera un grand succès et nous resterons finalement quatre jours logés à l'oeil chez des locaux.

Nous n'avons pas visité plus que cela. Nous avons préféré passer notre temps avec des locaux.
La population est beaucoup plus pauvre ici, la région étant beaucoup moins développée qu’à Buenos Aires ou Mar del Plata. Et comme dans beaucoup d'endroit du Globe, j'ai remarqué que c'est avec les gens les plus simples et les plus pauvres que l'on reçoit le plus. Une règle universelle ?

Cette étape qui devait être brève et sans réelle expectative s'est transformée en une riche expérience. C'est à San Juan que j'ai réellement commencé à voyager. C'est en rencontrant une culture et un peuple de l'intérieur que mon voyage est devenu voyage.