Aujourd'hui, le Marketing du Touriste laisse la parole à un aventurier et ce tous les mardis pour une période indéfinie.
Il
était pour moi important de donner l'opportunité à certains de
s'exprimer sur mon blog et de laisser ainsi mon trafic à disposition de
ceux qui ont des choses à dire.
Si d'ailleurs vous voulez publier via mon blog, je vous laisse me contacter à l'adresse suivante :
Flashpacker,
c'est l'histoire d'un type, Sinbad, qui n'a rien à perdre et qui décide
du jour au lendemain de partir voir ailleurs. Vous découvrirez au fil
des chapitres ses aventures, ses motivations, ses provocations et des
coups de gueules.
Bref... Flashpacker... C'est toute une histoire...
«
FLASHPACKER
Chapitre 6 - "Je suis pilote, voici mon ingénieur…"
Cette année le Dakar
avait lieu entre l'Argentine et le Chili. Je ne voulais pas manquer
cela. C'est l'unique raison pour laquelle je me suis rendu à San Juan, mais pas celle pour laquelle j'y reviendrai.

Mar del plata - San Juan, c'est 13 heures de bus ! Et à l'arrivée, on a les yeux qui collent et beaucoup de mal à se réveiller.
Sinon,
tout va bien ! Le service est de qualité, le bus est confortable et les
prix très corrects. On a le choix entre plusieurs prestations, qui,
comme dans un avion, sont basées sur le siège et l'espace. Mais que l’on
soit en première classe ou en semi-cama (économique), le voyage reste
agréable.
En arrivant, la première chose
qui m'a frappée c'est la chaleur. On atteint facilement les 35 degrés à
l’ombre en plein après-midi. La deuxième chose, conséquence de la
chaleur, c'est l'ambiance de cette ville... presque toujours déserte.
Les habitants ne sortent qu’à partir du moment où le soleil se couche.
Martin, qui m'avait quitté cinq
jours plutôt à Mar del Plata, me rejoint. A son arrivée, nous partons
illico presto à la rencontre du Dakar.
Des plans et livrets d'informations ont été distribués gratuitement
pour aiguiller le touriste vers les différents lieux de passage. Nous
décidons d'aller au point de rencontre ultime: l'arrivée !
Elle
a lieu dans un ancien fleuve, aujourd'hui à sec. Des tribunes sont
installées de chaque côté du lit, ainsi que des spots sur le pont qui
domine la course.
Un parcours de
deux kilomètres a été tracé spécialement pour le spectacle. Des bosses
sont reparties tous les 500 mètres pour le show.

On décide de se mettre aux avants
postes, avec les plus gros fans, qui campent aux barrières de sécurité
de la piste depuis hier soir. L'ambiance est festive. Saucisses, frites
et bières pour tout le monde. Le gouverneur passera faire le plein de
poignées de mains et en profitera pour traverser la piste et se rendre
dans une loge, situe en plein milieu, nez a nez avec la logistique et
les hélicoptères. Il emmènera dans son sillage une trentaine de
spectateurs, l'acclamant pour le passe-droit qui leur est octroyé.
Véritable sympathie ou démarche préélectorale ?
Apres deux heures d'attente, la
chaleur nous écrase littéralement sur le sol. Nous attendrons le passage
des motos, catégorie dominée par Red Bull, et nous quitterons les lieux
juste après avoir pris quelques clichés. C'était sympa mais cela ne
valait pas les 13 heures de route…

Qu'importe, je voulais me rapprocher de la Cordillère des Andes et me voilà juste à coté.
De retour à l'hostel, on fait comme tout le monde, la sieste !
Et le soir venu, petite réunion. Nous décidons de partir dès le lendemain matin pour Mendoza,
la région viticole argentine. Martin venait d'y être invité quatre
jours dans le cadre de son travail, son restaurant, et ne m’en avait dit
que du bien.
En attendant, nous
nous décidons à sortir boire un verre. Nous naviguons avec notre
chauffeur à la recherche d'un lieu agréable. Nous sommes jeudi, il nous
recommande un club, le seul lieu qui bouge entre 10 heures et minuit.
En
effet, cela a l'air de bouger. Tout le monde est sur son 31 et l'entrée
est quasi-inaccessible. On reste deux minutes à regarder tout ce monde
essayé de rentrer de manière désespérée. J'aperçois alors un Argentin
qui devait être a la compétition cet après-midi. Il était la avec son
tee-shirt Dakar et cassait l’homogénéité de la queue. Je le remercie
quand même car il m'aura donné une bonne idée. Avec un brin de fougue,
je lève la main vers le videur et prononce d'une voie clair : « Dakar !
Dakar ! ». Cela ne loupe pas, il me regarde et d'un signe de la main, me
demande de venir. Les gens se retournent, se poussent… Un peu gênant
mais enivrant. Je monte les marches et lui dit d’une manière assurée : «
Je suis avec un de mes ingénieurs, on aimerait boire un verre et danser
un peu. ».
Sans même douter un
instant, au regard il est vrai de nos têtes d'européens, il appelle le
manager qui était cinq mètres plus loin et nous introduit. Le manager me
dit qu'il était prévenu que des gens de la compétition allaient
peut-être venir et qu'il fallait prendre soin d'eux. D'un coup, je sens
un coup de chaud me monter à la tête. Il prend un videur par la main et
nous explique qu’il s’occupera de nous toute la soirée. Nous sommes
ainsi rentrés gratuitement avec un garde du corps personnel pour la
soirée entière. Martin qui ne parle pas espagnol ne comprend pas très
bien mais nous suit.
C'est alors que nous faisons notre entrée dans la discothèque…
Le
videur en véritable demi de mêlée envoie tout le monde à deux mètres
avec ses gros bras et nous taille une haie d'honneur jusqu'au bar. Tous
les regards sont portés vers nous, c'est drôle. Aussitôt commandé,
aussitôt servis. On se dirige vers une table avec notre molosse et
commençons à danser tranquillement. La magie opère complètement quand
des rangées de femmes viennent nous demander si elles peuvent danser
avec nous !
Cette soirée sera un grand succès et nous resterons finalement quatre jours logés à l'oeil chez des locaux.
Nous n'avons pas visité plus que cela. Nous avons préféré passer notre temps avec des locaux.
La
population est beaucoup plus pauvre ici, la région étant beaucoup moins
développée qu’à Buenos Aires ou Mar del Plata. Et comme dans beaucoup
d'endroit du Globe, j'ai remarqué que c'est avec les gens les plus
simples et les plus pauvres que l'on reçoit le plus. Une règle
universelle ?
Cette étape qui devait être
brève et sans réelle expectative s'est transformée en une riche
expérience. C'est à San Juan que j'ai réellement commencé à voyager.
C'est en rencontrant une culture et un peuple de l'intérieur que mon
voyage est devenu voyage.